«Le Roi des ombres» est-il une uchronie?

Une question qui peut paraître banale, mais que j’ai dû me poser bien malgré moi. C’est à la suite d’une chronique littéraire sur mon plus récent livre «Le Roi des ombres», que j’ai appris (ou réaliser si on veut) que certaines personnes souhaitent le classer comme étant une uchronie. Les propos de la blogueuse belge Ombre Bones et de son article sur le sujet (https://ombrebones.wordpress.com/2018/05/02/le-roi-des-ombres-stephanie-sylvain/) m’ont fait voir autrement les choses. À l’intérieur, elle affirme qu’elle a eu affaire à «un roman d’uchronie fantastique», une terminologie qui m’a fait sourciller. Mais voyons de plus près de quoi il s’agit.
En fait, l’uchronie est un genre se basant sur la réécriture de l’Histoire (avec un grand H) à partir de la modification d’un événement passé. Par exemple, un récit voulant démontrer ce qui se serait produit si Hitler avait étudié aux beaux-arts («La part de l’autre», Éric-Emmanuel Schmitt). Cet exemple très clair change la face du monde tel qu’on la connaît aujourd’hui et est très certainement une uchronie formidable. Il s’agit de modifier une pièce du puzzle et de répondre à la fabuleuse question du : «qu’est-ce qu’il serait arrivé si…». Un jeu que j’aimerais parvenir un jour à faire, mais que je ne prétends pas encore maîtriser. En effet, il faut un nombre incalculable de recherches basées sur des témoignages, des correspondances, etc., pour y parvenir.
«Le Roi des ombres» a été pour moi un terrain de jeux purement métaphorique. Je m’y suis amusée à réécrire en quelque sorte l’Histoire en y ajoutant des éléments surnaturels. Mais l’essence même du récit n’est pas la retranscription historique et la chasse aux faits. L’époque médiévale est bien sûr très éloignée de la nôtre et les preuves décrivant la vie exacte des nobles du royaume de Navarre entre 1076 et 1077 est très difficiles à déceler. Disons plutôt que j’ai récolté quelques faits et saupoudrer par la suite un mélange de vraisemblance et de magie. Je ne me prétends pas pour le moins du monde être une historienne et ne possède pas suffisamment de connaissances sur la culture hispanique du moyen-âge. Mon objectif était plutôt de me consacrer aux belles aventures palpitantes et à la lame bien acérée.
Alors si je dois répondre à la question : «Le Roi des ombres» est-il une uchronie? Ma réponse serait très certainement négative. Le contexte historique n’est qu’un prétexte à une aventure tout droit sortie de l’ombre. Il est vrai que le roi Sanche IV, sa reine Agnès ainsi que son cousin Ramirez ont bel et bien existé. La trahison a, elle aussi, eut court, mais le résultat en a été pour le moins plus triste encore que mon récit. En tant qu’auteure, j’ose franchir les limites et m’approprier le cours des événements. J’espère que vous ne m’en voudrez pas pour cet écart de conduite. Je vous dis donc à la prochaine et vous souhaite une bonne lecture.
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2 réflexions sur “«Le Roi des ombres» est-il une uchronie?

  1. C’est une vision intéressante du sujet. Je crois que de toute façon, les genres littéraires constituent des cases « grosso modo » mais qu’un roman n’y entre jamais tout à fait. Pour moi, la présence d’éléments historiques en fait une uchronie même si tu ne respectes pas la réalité historique à la lettre. D’un autre côté, dans une uchronie, c’est justement ça le jeu. Il suffit de voir les Lames du Cardinal de Pierre Pevel par exemple.

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